Sous le pinceau délicat de Sande Thommen
Dans un article précédent, je vous confiais déjà mon admiration pour le travail de l'illustrateur Sande Thommen. J'essaie de ne louper aucun de ses ouvrages publiés en édition jeunesse, ce sont de vrais petits bonheurs pour les yeux qui arrivent par surprise chez le libraire. Son approche subtile de la couleur, l'humilité de son trait, la douceur de ses compositions font de son oeuvre une réelle invitation au voyage et à l'évasion...

Ce mois-ci, je vous dévoile un reportage dans son atelier strasbourgeois, afin de partager avec vous toute la beauté et la délicatesse de son art.

Lorsque Sandz est venue m'accueillir à la sortie du train: j'ai immédiatement été surprise par ses yeux clairs, la douceur de son regard et sa présence tranquille. Je suis émue. Nous marchons tranquillement en direction de son atelier et je sais déjà que mon aller-retour à Strasbourg est un cadeau.
En arrivant dans les ateliers, j'ai été inspirée par le calme qui berçait les lieux. Une dizaine d'artistes travaillaient à son étage dans un silence absolu. Je comprends alors que le calme est un élément important, une des clefs de son travail si précis. Nous finissons par nous installer dans un atelier qu'il partage avec une autre artiste. Au fil de nos échanges je découvre ses croquis, ses carnets de voyages, ses planches originales destinées à ses premiers livres, jusqu'à aujourd'hui.
Je me sens chanceuse, je suis subjuguée par tous ces trésors que Sande me tend généreusement. Je prends la mesure d'un travail très délicat, précis, minutieux. Je réalise que son trait se fait au pinceau ultra fin, que cela lui prend des jours entiers de réalisation. Je suis fascinée et j'ai peur de manipuler ces grandes et précieuses planches, tant je ressens les heures de travail derrière chaque peinture. Ce travail de précision, Sande le fait simplement, calmement, en prenant le temps. Ces grands moments de concentration laissent place à une forme de "méditation". Il me semble que Sande la pratique naturellement en peignant, en perfectionnant, en travaillant ses couleurs, ses compositions.
Planche des Cévennes, Septembre 2015


Sande aime tout particulièrement la peinture à la gouache. Ce medium apporte une densité à la couleur et une opacité parfaite. Mais c'est avec éblouissement que je découvre cette planche au crayon de couleur, une autre technique qu'elle a redécouverte récemment et qu'elle adore aussi. Sande m'explique que c'est le paysage de son enfance, la maison de ses parents étant petite, avec le grand mimosa jaune contre la maison, qui n'existe plus aujourd'hui. Cette composition magnifique évoque l'amour naturel dans lequel a grandi Sande, parmi les châtaigniers, les chênes verts et les arbres à kiwis, puis au loin on aperçoit l'horizon, comme dans la plupart de ses oeuvres.





Lettre de Lafcadio Hearn, revue Reliefs n°1 parue en janvier 2016
Son talent de dessinateur était-il une vocation ? Lorsque j'évoque le sujet, il semblerait que ce n'était pas écrit. Sande avait d'abord pensé être médecin, travailler dans l'humanitaire, quelque chose qui s'articulait à la suite de bonnes études. Son imagination pour dessiner naît de son goût pour la littérature: par l'analyse de textes et son amour de la lecture, il aime visualiser et créer un univers. Encouragé par sa maman qui le pousse à s'investir dans une voie qui lui tient à coeur, il va découvrir l'école Estienne sur internet alors qu'il se trouve encore dans la belle région des Cévennes. Cette école le fait rêver. Très motivé, il passe le concours, quitte les Cévennes et commence une "Mise à Niveaux Métiers d'Arts" dans la célèbre école parisienne. il poursuit ses études dans cette voie, à l'École des Arts Décoratifs de Strasbourg.
Durant ses études, il découvre et se fascine pour l'art des miniatures persanes et des peintures chinoises. il y trouve une forme d'équilibre : Sande se laisse séduire par leur esthétique lorsqu'il est touché par leur histoire. Il étudie et observe leur caractère narratif, décoratif, parfois naïf, la netteté des formes qui se découpent et cette représentation plane qui offre une grande liberté de composition. "C'est une libération de ne pas représenter l'espace avec des règles strictes de perspective et de l'envisager plutôt en termes de plans successifs et de profondeur atmosphérique."


La Soeur du Soleil Conte de Bahiyyih Nakhjavani - Illustré par Sande Thommen. Actes Sud Junior, Septembre 2010

"La subtilité de la couleur se créée à la fin..." me dit Sande.





Durant un long voyage au Japon, Sande observe et s'inspire de tout : les gens, les paysages, la diversité de la végétation, les couleurs, les vêtements, la nourriture, les odeurs... Grâce à sa sensibilité, Sande nous offre des représentations de ces scènes de vie dans le livre "Choses petites et merveilleuses". Au rythme des saisons, ce calendrier plein de poésie nous transporte dans nos sensations d'enfance.
Choses petites et merveilleuses Écrit par Nathalie Dargent - Illustré par Sande Thommen. Picquier Jeunesse, Novembre 2014






Le Kami de la lune Écrit par Nathalie Dargent - Illustré par Sande Thommen. Picquier Jeunesse, Août 2011
Et c'est avec grande joie, excitation et impatience, que je vous annonce la venue de Sande Thommen à Paris, à la boutique, pour une séance dédicace exclusive. Ses livres seront disponibles à la vente et nous vous accueillerons avec bonheur autour d'un petit cocktail chaleureux.
Rendez-vous à notre boutique :
le Jeudi 1er décembre, de 17h à 20h
Livres disponibles sur notre e-shop à partir du 5 décembre 2016

À bientôt,
Adeline
Laissez un commentaire